Les Interviews
Interview n°2
![]() | INTERVIEW DE BERNARD CASNIN Chargé de mission développement durable à la CGL |
Questions :
Que faut-il faire selon vous pour réduire les déchets à la source ?
Quel doit être le rôle des acteurs de la grande consommation (marques distributeurs...) ?
Comment construire une relation durable, vertueuse entre producteurs, distributeurs et consommateurs ?
Comment sensibiliser le consommateur/citoyen à l'impact environnemental (et social/sociétal) de ses choix de consommation ?
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Réponses :
Rappelons tout d'abord, que la gestion globale des déchets ménagers procède du développement durable et associe ainsi, le respect de l'environnement et la préservation des ressources, avec l'efficacité économique et l'équité sociale. Elle a un impact sociétal qui place le consommateur-habitant-citoyen, au cœur du dispositif.
Et, plus que de "réduction à la source", il convient de parler de "prévention des déchets issus de la consommation des ménages".
Cette démarche implique, en amont, les producteurs qui à travers des pratiques d'éco-conception, doivent réduire la fraction des produits proposés aux consommateurs, qui va devenir un déchet.
Ils doivent ainsi, par exemple, s'attacher à limiter les quantités (poids et volume) des emballages, et en favorisant ensuite l'augmentation du potentiel de recyclage ou de valorisation des matériaux qui les composent et de la qualité d'usage par les consommateurs des produits emballés. A cet égard, il s'agit également de mieux prendre en compte les besoins réels des consommateurs-habitants-citoyens, en fonction de leurs modes de vie en évolution constante.
Et, il faut développer des programmes d'information en direction des producteurs pour leur rappeler l'importance de leur responsabilité dans le fonctionnement des dispositifs en charge de la gestion des déchets ménagers, afin que tous contribuent activement au développement de ces dispositifs. Il convient de souligner que leur responsabilité ne se limite pas à la mise sur le marché de produits emballés sûrs, mais porte aussi sur la réduction des impacts environnementaux et sociétaux, tout au long de leur cycle de vie et une meilleure prise en considération dans leur production, des besoins réels des consommateurs et de leur mode de vie, par des actions d'éco-conception dans le cadre d'une politique globale de prévention.
Mais elle implique aussi, en aval, l'ensemble des acteurs : les distributeurs, les professionnels du déchet et du recyclage, les collectivités locales, les associations de consommateurs et de protection de l'environnement, notamment dans le cadre des plans locaux de prévention.
En effet, le déploiement et le succès pérenne des dispositifs en charge de la gestion des déchets ménagers, repose sur l'engagement résolu des différents acteurs et notamment des consommateurs. Ceux-ci devront faire des choix d'achats maitrisés en fonction des responsabilités qu'ils doivent assumer, puisqu'ils doivent trier leurs emballages ménagers devenus déchets, rapporter leurs vieux matériels électriques et électroniques chez le distributeur et qu'ils devront payer à travers la contribution avancée par les fabricants, le coût de la gestion des déchets issus de leur consommation.
La distribution, les commerçants en général, doivent développer une politique d'information des consommateurs précise, honnête et non assimilable à des actions publicitaires, qui explique, sous des formes appropriées, les moyens mis à disposition du consommateur/habitant, pour qu'il puisse assumer son rôle dans la prévention et la collecte sélective des déchets d'emballages ménagers.
Pour ce faire, il est indispensable que soit mis en place, sur les lieux de vente, un dispositif spécifique en direction du consommateur, afin que celui-ci soit clairement informé qu'il paie à travers ses achats de produits de 80 à 100% du coût de gestion des déchets qui va en découler.
Ce dispositif devra également favoriser l'expression du consommateur-habitant-citoyen, des familles, quant à l'adéquation avec leurs besoins et leurs modes de vie des produits emballés proposés à l'achat. La production de ces produits destinée à la consommation des ménages pourra ainsi, être améliorée, rationalisée et mieux correspondre aux attentes de la population. Ainsi, on peut espérer rétablir une relation vertueuse entre production et consommation.
Propos recueillis par Julien Marié.

